PHILOSOPHIE

CINEMA

Préparts Film est une année préparatoire aux écoles de cinéma du supérieur INSAS, IAD ... Son but premier est donc de préparer ses étudiants à passer les concours d’entrée de ces écoles, de leur donner les méthodes et savoirs qui leur permettront d’augmenter leurs chances d’être accepté. Préparts Cinema n’est donc pas une école professionalisante ou diplomante, mais bien une année de transition, un passage vers une autre école.

Pour autant, Préparts Film ne se limite pas à cet objectif : en aucun cas l’école ne se pense comme une « boîte à concours », dont le seul but serait la réussite des épreuves, atteignable au prix d’un entrainement répétitif et laborieux, et au mépris d’une ouverture sur le monde.

En effet, l’école se fixe en plus une mission d’orientation, d’accompagnement vers le supérieur et de culture général. Les étudiants qu’elle reçoit sont pour la plupart des jeunes gens à peine sorti de rhétorique, et qui ont tout à la fois des réflexes issus du secondaire, et un rêve primaire de cinéma sans réelle réflexion professionnelle.

Préparts Film est donc aussi le lieu pour l’étudiant de l’exploration et des questionnements : au travers de mise en situation, ils sont amenés à expérimenter les différents métiers possibles du cinéma, et à découvrir ce qui leur convient le mieux. Toujours accompagnés par une équipe pédagogique constituée de professionnels de l’audiovisuel, ils sont amenés à découvrir des formes esthétiques qui ne leurs sont pas nécessairement familiers, et à préciser leur rêve premier de « cinéma ».

 

Ces multiples objectifs donnent donc lieu à différentes formes d’activité et de cours durant l’année. Mais, malgré la diversité des enseignements, tous obéissent à une même pédagogie, centrée sur l’essai : l’étudiant essayent, tatonnent, se trompent et réessayent. Les enseignants, ici, ne sont pas des personnes imposant leurs savoirs et vérifiant l’acquis de ces savoirs : ils sont présents pour accompagner l’étudiant dans ses tentatives, et profitent de leurs savoirs pour le guider.

Au-delà de notre croyance dans l’efficacité d’une telle pédagogie, ce choix se fonde sur deux éléments qui nous semblent primordiaux. Tout d’abord, les écoles d’art ne cherchent pas à sélectionner des personnes ayant une grande connaissance, mais bien des personnalités matures, conscientes d’elle-même, et capables de réfléchir avec recul sur leurs envies et goût. L’école est donc là pour accompagner l’étudiant dans ses choix personnels, et non pour le formater avec un savoir académique.

D’autre part, les étudiants se destinant à des métiers artistiques, ils nous semblent primordial à nous, enseignants-professionnels, de les former à ce mouvement qui est la base de notre travail : la rature, la reprise, l’esquisse et la correction. Nous pourrions résumer notre pédagogie par le déjà trop utilisé extrait de Cap au Pire de Samuel Beckett : « Tout Jadis. Jamais rien d’autre. D’essayé. De raté. N’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux ».

 

La préparation aux concours d’entrée est pensée à part : les étudiants assistent à des cours leur présentant les méthodes pour réussir les épreuves. Ils sont ensuite mis en situation de concours, afin de s’entrainer à passer ces épreuves. Le plus important de cette préparation réside dans l’organisation de ces concours blancs. Il s’agit bien ici pour les étudiants d’apprendre en faisant : c’est en se trompant à ces concours blancs qu’ils se formeront à passer leurs épreuves.

En ce qui concerne les autres buts pédagogiques que nous nous sommes fixés, nous avons choisis d’organiser des ateliers, des périodes d’années qui mêlent ces missions. Il s’agit d’exercices pratiques mêlant découverte culturel et initiation technique. L’exercice est pour l’étudiant l’occasion de découvrir une forme esthétique, mais aussi de s’y essayer concrètement , afin de voir si ce métier peut lui convaincre. Pour être plus concret, une période centrée sur le documentaire mêlera cours d’Histoire du Cinéma et projection de Ciné-Club autour de ce thème (culture générale), ainsi que l’écriture et la réalisation d’un documentaire personnel (expérimentation et orientation). Pendant ces périodes, les étudiants sont en semi-autonomie : ils travaillent pour eux, et les professeurs sont là pour les guider et les aider. Cette façon de procéder permet de guider les étudiants doucement vers les réflexes du supérieur, où le travail est avant tout personnel. Enfin, cette façon de procéder permet de rester fidèle à la philosophie de l’école : laisser les étudiants essayer par eux-même.