Groupe 5:

Blanche,

Juliette,

Margot, Charlotte

LE CRI

NOTE D’INTENTION:


Notre cri nait de l’enfermement. Une sensation de ne pas pouvoir sortir, de sa tête,
de son corps, de ne pas pouvoir bouger. Nous sommes enfermés dans un rêve sans fin,
dans lequel chaque réveil est une boucle. Nous sommes piégés dans notre conscience.
Nous essayons d’y échapper, et ce n’est qu’illusion lorsque nous croyons enfin accéder au
dehors. L’extérieur devient un nouvel intérieur sans issue.
Notre cri est multiple, c’est celui d’une menace invisible, mais c’est aussi le notre,
celui de notre corps enfermé. C’est un cri qui se répète, qui disparait puis reparait, qui
nous rattrape chaque fois qu’on tente de s’en défaire. D’où vient-il? Qui est-il? C’est un
cri qui n’existe peut-être pas.

poésie du cri (par Charlotte)


Enfermés entre quatre murs blancs
Enfermés dans des habits étouffants
Enfermés dans un rêve sans fin
Enfermés dans un corps qui feint
De cette claustration surgissent des cris
En chacun de nous
Des cris de peur, de nos douleurs
Et des cris flous
Ils peuvent se répandre dans nos
membres
S’infiltrer silencieusement dans nos
chambres
S’imprégner des images émergeant de
nos cauchemars
Se dissimuler dans les tissus criards

MAKING OFF

BLANCHE

APRÈS DISCUSSION:

On a choisi comme thème commun à notre souvenir l’enfermement. Enfermement au sens large, physique, mental, les deux. Sensation de ne pas pouvoir sortir, de sa tête, de son corps, ou bien de ne pas pouvoir bouger. L’impression d’être à l’étroit, d’être piégé, d’étouffer, d’être en danger. Lorsqu’on est enfermé, notre seule arme est notre voix, nos cris, cris de détresse, cris d’appel à l’aide.

J’ai choisi de représenter l’enfermement dans un rêve, parce que c’est notre corps entier, et notre conscience entière qui est piégée. Nous sommes inconscients quand nous dormons, mais lorsque nous prenons conscience que nous rêvons, et que nous ne parvenons pas à sortir de notre rêve, que nous sommes piégés à l’intérieur de nous même, notre impuissance est telle que nous cherchons tous les moyens de nous réveiller. Souvent, nous essayons de crier. Surtout quand nous faisons des cauchemars. Et nous avons cette sensation très puissante de crier. Et pourtant aucun son ne sort de notre bouche, il est étouffé, personne ne peut nous venir en aide. Nous ne savons plus si nous avons réellement crié, si ce cri n’a existé que dans notre rêve, s’il n’a été qu’une illusion.

Dans le rêve dans lequel je suis enfermée, il y a une rumeur sourde au loin. Un cri d’abord faible, qui vient s’intensifier. Lorsqu’il est trop fort, je me réveille, mais je me rends bien vite compte que je ne suis pas réellement réveillée, alors que tente de crier, et je me réveille, dans mon rêve. Cette scène peut se répéter à l’infini, on peut ne jamais sortir d’un rêve, rester enfermé dans un coma conscient.

Pour ne pas qu’on comprenne tout de suite qu’on est dans un rêve, et qu’on y est enfermé, je voulais reprendre l’idée de filmer la nature en mouvement. Le cri faible au début peut s’apparenter à du vent, mais lorsqu’il est évident qu’il s’agit d’un cri, on se rend compte brusquement que nous ne sommes pas dans la réalité. Et les réveils à répétition qui vont suivre, et qui vont chaque fois donner l’impression de s’être échappé de la boucle infernale, vont être rattrapés par ce cri.

Ce cri, on ne sait pas d’où il vient. De l’extérieur du rêve, de l’intérieur, de nous même? À la fin, on se réveille, et une personne crie au dessus de nous, en nous secouant. Mais est-ce là réalité que nous retrouvons enfin?

Chaque personne du groupe va donner sa propre interprétation de l’enfermement, avec comme fil qui va relier tous les travaux le cri, mais différents supports graphiques. On peut mêler les différents travaux ensemble, mais puisque le lien ne se fait pas forcément à l’image, il faut qu’il se fasse au son avec le cri. Le cri peut être discontinu, il peut être silencieux, il faut juste qu’on le ressente. Pour garder un minimum de cohérence visuelle, l’idéal serait que tous les travaux soient en noir et blanc, ou du moins assez sombre.